Focus : Olivier Py

Auteur, metteur en scène et acteur, Olivier Py est né en1965. Après des études à l’École nationale supérieure d’Arts et Techniques du Théâtre (Ensatt), il entre au Conservatoire national supérieur d’Art dramatique en 1987, tout en faisant des études de théologie.

En 1988, sa première pièce, Des oranges et des ongles, est créée par Didier Lafaye au Théâtre Essaïon. La même année, Olivier Py fonde sa compagnie et assure lui-même la mise en scène de ses textes, entre autres Gaspacho, un chien mort, Les Aventures de Paco Goliard, La Servante, histoire sans fin, cycle d’une durée de vingt-quatre heures présenté au Festival d’Avignon en 1995, ou encore Le Visage d’Orphée, créé à Orléans puis présenté au Festival d’Avignon dans la Cour d’honneur du Palais des papes en 1997. Olivier Py met également en scène des textes d’Élizabeth Mazev et de Jean-Luc Lagarce.

Nommé en 1998 à la direction du Centre dramatique national d’Orléans, il y crée Requiem pour Srebrenica, L’Eau de la vie, L’Apocalypse joyeuse, Épître aux jeunes acteurs, Au monde comme n’y étant pas… D’autres metteurs en scène montent ses pièces : Théâtres par Michel Raskine, L’Exaltation du labyrinthe par Stéphane Braunschweig, La Servante par Robert Sandoz… Olivier Py monte en 2003 Le Soulier de satin de Claudel. Il écrit et met en scène en 2005 une trilogie, Les Vainqueurs. La même année, il met en scène A Cry from Heaven de Vincent Woods à Dublin. En 2006, à l’invitation de Jean-Michel Ribes, il présente au Théâtre du Rond-Point « La Grande Parade de Py », six spectacles dont il est l’auteur et le metteur en scène, cinq reprises et une nouvelle création : Illusions comiques, jouée également dans toute la France.

En 2006, à l’occasion de la clôture du 60e Festival d’Avignon, Olivier Py met en scène dans la Cour d’honneur du Palais des papes un hommage à Jean Vilar, L’Énigme Vilar. C’est également au Festival d’Avignon, en 1996, qu’il interprète pour la première fois son personnage de Miss Knife, dont le tour de chant a été présenté à Paris, Lyon, New York, Bruxelles, Madrid, Athènes… et qui a fait l’objet de deux disques édités par Actes Sud. En 2012, puis en 2018, Miss Knife repart sur les routes de France et du monde avec un nouveau spectacle.

En tant qu’acteur, Olivier Py a également joué dans des mises en scène de Jean-Luc Lagarce, François Rancillac, Éric Sadin, Pascal Rambert, Nathalie Schmidt, ainsi que dans les films de Jacques Maillot, Cédric Klapisch, Michel Deville, Laurent Bénégui, Peter Chelsom, Martin Provost ou Noémie Lvovsky. Il a, par ailleurs, réalisé deux films : Les Yeux fermés en 1999 pour ARTE et Méditerranées en 2011 pour Canal +.

Nommé en mars 2007 à la direction de l’Odéon-Théâtre de l’Europe, il y crée L’Orestie d’Eschyle en 2008, L’Eau de la vie, La Jeune Fille, le Diable et le Moulin ainsi que La Vraie Fiancée. De 2009 à 2012, il traduit, adapte et met en scène une trilogie d’Eschyle (Les Sept contre Thèbes, Les Suppliantes, Les Perses), « théâtre d’intervention » joué hors les murs et destiné au non-public. En 2009, il reprend à l’Odéon Le Soulier de satin de Claudel et crée Les Enfants de Saturne aux Ateliers Berthier. En 2011, il crée Adagio [Mitterrand, le secret et la mort], met en scène Roméo et Juliette à l’Odéon, repris en tournée en France et à l’étranger, et crée, en allemand, Die Sonne, commande de la Volksbühne à Berlin.

De mars 2012 à septembre 2013, outre un nouvel album de Miss Knife et une tournée, il met en scène à Athènes, à la demande du Théâtre national de Grèce, Vitrioli de Yannis Mavritsakis, ainsi que plusieurs opéras en Europe. Depuis une douzaine d’années, Olivier Py a en effet régulièrement abordé l’opéra avec, entre autres, Les Contes d’Hoffmann d’Offenbach, Tristan und Isolde et Tannhäuser de Wagner, Curlew River de Britten, Pelléas et Mélisande de Debussy, The Rake’s Progress de Stravinsky, Mathis der Maler de Hindemith, Les Huguenots de Meyerbeer, Carmen de Bizet, Claude de Robert Badinter et Thierry Escaich, Alceste de Gluck, Aïda de Verdi, Dialogues des carmélites de Poulenc, Manon de Massenet, ou encore Salomé de Strauss.

Olivier Py se voit confier la direction du Festival d’Avignon à partir de l’édition 2014, une fonction qu’il occupe depuis septembre 2013. Pour la 68e édition du Festival, Olivier Py crée à la FabricA Orlando ou l’Impatience, une comédie dont il est auteur et metteur en scène, pièce reprise en tournée en Europe. Il présente également Vitrioli et une nouvelle version de La Jeune Fille, le Diable et le Moulin. En 2015, il crée pour la 69e édition du Festival Le Roi Lear dans la Cour d’honneur du Palais des papes et présente Hacia la alegría dans le cadre du programme européen Villes en Scène / Cities on Stage. En 2016, il met en scène Prométhée enchaîné de Eschyle dans le cadre du spectacle itinérant de la programmation. En 2017, il adapte deux de ses romans pour la scène : Le Cahier noir au 104 et Les Parisiens à la Fabrica pour la 71ème édition du Festival d’Avignon.

La plupart de son oeuvre est éditée chez Actes Sud, dont un Théâtre complet en trois volumes. Il a été traduit en anglais, italien, allemand, slovène, espagnol, roumain et grec. Il a publié en 2012 chez Actes Sud un essai politique, Cultivez votre tempête, en 2013, Les Mille et une définitions du théâtre et Siegfried, nocturne, en 2014, Excelsior, en 2015,  Le Cahier noir, oeuvre de jeunesse éditée pour la première fois et en 2016, Les Parisiens.

En tant qu’artiste et citoyen, Olivier Py prend position et s’engage dans de nombreux combats politiques ou sociétaux : la guerre en ex-Yougoslavie, les sans-papiers ou encore les exactions russes en Tchétchénie. Il dénonce le projet de loi Sarkozy sur l’immigration, « l’intolérable intolérance sexuelle de l’Église », soutient dans leurs combats des personnalités comme José Bové, Jovan Divjak, Mahmoud Darwich, Denis Robert ou Florence Hartmann, offre une tribune aux Roms, au syndicat de la prostitution, aux altermondialistes, à la résistance syrienne…

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